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Anxiété de performance – Pourquoi je n’ai toujours visé que des A+

par Shanna
Cahier avec feuille sur laquelle il est écrit A+

Pourquoi je n’ai toujours visé que des A+? Parce que je pensais que si je ne donnais pas mon 100% j’allais échouer… Pour moi, c’était ça l’anxiété de performance.

Je ne sais pas pourquoi, ni quand, ni comment j’ai acquis cette mentalité, mais la fin de mon parcours scolaire a été particulièrement pénible.

Mon parcours avec l’anxiété de performance

Je réussissais bien, là n’est pas le problème. C’est plutôt le contraire. Je voulais TROP bien réussir, à défaut de prendre soin de moi, de ma santé mentale, de mes proches, etc. Une session à l’école était comme un grand marathon, avec un sprint au milieu et à la fin. Pas de répit ou à peine. Il ne fallait pas. Sinon l’échec me guettait. Il fallait que j’étudie et que je travaille le plus possible, que j’y consacre mes moindres minutes afin de m’assurer d’avoir la note de passage.

Même après l’examen ou une fois le travail remis, je doutais de ma performance. Je ne voulais pas me dire que j’avais bien fait pour ne pas attirer le mauvais sort… Puis, la note arrivait… A, A+, 92%, 98%. Et je ressentais une réelle surprise : « Oh wow, j’ai réussi! » Sans y croire vraiment… « Le/la prof a dû se tromper dans la correction. C’est un coup de chance, j’ai fait le bon guess dans mes réponses. C’est normal, c’était un examen facile. »

En allant lire un peu sur l’anxiété de performance, je suis tombée sur ce passage d’un vieux texte de l’Université de Montréal (1997!), mais qui est encore oh-combien actuel selon moi et qui représente exactement ce que je ressentais (et ressens encore) :

« Parmi les étudiants fortement anxieux, plusieurs auraient tendance à attribuer leurs échecs à des facteurs internes (leur incompétence ou le fait de ne pas étudier assez fort), et leurs succès à des facteurs externes (la chance, la facilité de l’examen), ce qui perpétuerait le cercle vicieux où la personne ne peut jamais être satisfaite de ses efforts ou avoir confiance en ses habiletés, et continue donc d’être anxieuse à l’examen suivant. »

Éviter l’échec

C’est spécial parce que comme je le disais en introduction, mon but n’était pas nécessairement d’obtenir A+, mais surtout de m’assurer de ne pas échouer.

C’est comme s’il n’y avait aucune gradation entre A+ et E dans ma tête. Alors s’il fallait que j’étudie 40 heures pour un examen, j’étudiais 40 heures. Pas question d’en étudier 37 ou 38… Étudier moins signifiait pour moi vouloir dire que j’allais échouer… comme si je marchais toujours sur la ligne mince entre 59% et 60%.

Mes proches ont bien tenté de me raisonner des millions de fois en m’assurant que j’avais assez étudié, que j’étais bonne, que j’allais réussir, mais rien n’y faisait. Ça me rassurait peut-être pour quelques instants, mais au moindre doute qui traversait mon esprit, je me remettais à paniquer.

Les manifestations de mon anxiété

Concrètement, si je regarde les symptômes de l’anxiété de performance énoncés sur le site du CAPRES (Consortium d’animation sur la performance et réussite en enseignement supérieur), j’en reconnais plusieurs qui m’ont accompagnée et m’accompagnent toujours parfois :

La perception négative de soi et les pensées négatives

Comme mentionné ci-dessus, même si je réussissais, c’était impossible de m’en accorder le mérite et je restais dans la spirale de la perception négative de moi et des pensées peu encourageantes.

Recherche constante de commentaires positifs

En revanche, ce que j’attendais de mes proches et des enseignants, c’était des commentaires positifs! J’étais toujours à la quête de recevoir des commentaires élogieux sur mes travaux (avant de les remettre), probablement afin de m’assurer d’avoir fait du bon travail. C’est comme si le jugement des autres sur mon travail valait plus que le mien.

Tendance à étudier de façon excessive et exhaustive

Rien ne pouvait être laissé au hasard. Tout dans ses moindres détails devait être étudié. S’il s’agissait d’un cours avec des exercices, il fallait que je m’assure de TOUS les comprendre. J’ai un prof qui m’avait déjà dit, et ça m’a marquée, que la clé de la réussite dans un cours, c’était la compréhension. J’avais beaucoup aimé cette notion parce que je n’ai jamais été très bonne dans le « par-cœur » ! La compréhension des notions permet d’acquérir une base solide pour ensuite pouvoir faire face à toutes les questions. Par contre, quand je n’arrivais pas à comprendre quelque chose… j’avais un stress supplémentaire!

Quête d’une perfection exagérée et perfectionnisme

Finalement, c’est probablement le point le plus marquant pour moi : le perfectionnisme. Ça se présente surtout dans le cas des travaux écrits à remettre : rien n’est jamais parfait. Ce qui signifie : on peut travailler un nombre incalculable d’heures dessus, sans aucune limite pour tenter toujours un peu plus de se rapprocher de la perfection, mais sans jamais l’atteindre.

Ma quête de perfection était parfois si grande qu’elle m’empêchait de travailler. S’il fallait par exemple que je trouve une idée de texte, je réfléchissais sans cesse afin de trouver la MEILLEURE IDÉE, sans commencer. Je perdais du temps, ce qui augmentait mon anxiété de ne pas y arriver à temps… Un cercle vicieux!

Mes petits trucs

Au fil des années, j’ai pu découvrir quelques trucs qui m’ont été utiles pour apprendre à contrôler cette anxiété. Ce n’est pas parfait, et il y a encore du travail à faire de mon côté, mais si ça peut en aider quelques-uns, tant mieux!

Prendre du temps pour soi 

Avec le temps, je me suis rendu compte que mon anxiété se manifestait davantage dans des moments où je ne prenais pas de temps pour moi. Peu importe ce qu’on peut en penser, j’ai besoin de certains moments pour décrocher et prendre soin de moi ! Que ce soit aller prendre une marche dehors, faire de la danse, écouter une petite émission, lire un livre ou peinturer, faire ces activités m’aide à aller mieux. C’est paradoxal, car ça peut causer un stress, car « on ne fait pas ce qu’on a à faire », mais croyez-moi, parfois c’est mieux de prendre 30 minutes ou une heure pour prendre soin de soi, et le stress baissera d’un iota après!

Séparer les tâches en sous-tâches

Quand l’anxiété me paralysait, que l’ampleur de la tâche me semblait si énorme que je ne savais pas comment j’allais y arriver, je séparais le travail que j’avais à faire en plusieurs sous-tâches. Elles pouvaient être aussi simple que : « Faire la page-titre », « Trouver 2 sources pertinentes », « Rédiger le premier argument », etc. Cela me permettait de savoir par où commencer et de ne pas me décourager et de ne pas angoisser devant la tâche qui était par exemple : « Rédiger un travail de 25 pages sur telle question de recherche, avec 5 sources pertinentes ».

Travailler sur sa confiance en soi en se félicitant pour les réussites

Honnêtement, je pense vraiment que l’anxiété de performance est liée à un manque de confiance en moi. Alors, se féliciter pour les bons coups, même si notre tête peut avoir de la difficulté à le croire, peut aider beaucoup au fil du temps. Malgré tout ce que les autres diront pour nous rassurer, si on ne croit pas nous-mêmes en notre potentiel, je crois que l’anxiété demeurera.

Relativiser!

Ça peut avoir l’air facile à dire comme ça, mais il faut apprendre à relativiser les choses, mais surtout à se croire là-dedans. Supposons que l’échec arrive réellement. Est-ce que ce serait vraiment la fin du monde? Est-ce que ma vie va être finie après ça? Probablement que non, je vais me retrousser les manches, chercher de l’aide, modifier mes stratégies, tout pour mieux rebondir.

Il faut se rappeler que l’échec n’est pas une fin en soi et que c’est normal de faire des erreurs.

Se mettre au défi, un pas à la fois

Parfois, ça m’arrivait de confronter mon anxiété, de me dire consciemment : « Ok, j’ai assez buché sur ce travail, c’est assez et je vais le remettre ». C’est super difficile, surtout avec un côté perfectionniste!

Mais ça permet de faire un essai, de se dire : « Ok, pour cette fois-ci, je vais arrêter là, on verra quel résultat ça va donner et si ça aurait valu la peine que je mette 3-5-10 heures de plus sur ce travail. » Dans mon cas, généralement le résultat était amplement suffisant. Ça me permettait de bâtir ma confiance peu à peu et de comprendre que je pouvais arrêter d’en faire trop à un moment donné.

Et maintenant ?

À ce jour, je prends encore un cours universitaire par session, et je travaille fort, très fort, pour me détacher de cette mentalité, pour me dire que même si j’étudie UN PEU moins, je ne devrais pas échouer pour autant.

Je me disais qu’une fois mon parcours scolaire terminé, cette anxiété de performance disparaîtrait, car il n’y aurait plus aucun résultat chiffré pour décrire ma performance. En effet, c’est beaucoup plus difficile sur le marché du travail de quantifier la réussite en termes de chiffre ou de note. On ne te remet pas un B+ après l’exécution d’une tâche dans ton travail quotidien!

Malgré tout, je remarque tout de même mon anxiété refaire surface à l’occasion dans le cadre de mon travail. C’est un peu pourquoi le texte est écrit à la fois au passé et au présent. Mon parcours scolaire est pratiquement derrière moi, mais je ne pense pas qu’on puisse en dire autant de l’anxiété de performance.

Il faut faire un travail quotidien sur soi pour bâtir sa confiance et pour abaisser les hautes exigences envers soi-même.

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