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L’Essentialisme, oui mais encore?

par Shanna
Le livre l'Essentialisme

C’est le premier paragraphe de la quatrième de couverture qui m’a attirée : « Vous vous sentez débordé, surmené ? Vous avez l’impression de vous affairer sans parvenir à être réellement efficace? Vous avez le sentiment que les autres accaparent votre temps? L’essentialisme vous aidera à sortir de l’impasse! »

Fidèle à mon habitude, j’ai voulu y croire, je pensais que ce livre m’apporterait toutes les réponses et que je réussirais finalement à choisir! C’est la raison pour laquelle j’ai lu récemment le livre « L’Essentialisme » de Greg McKeown.

Dès les premières pages, je me suis reconnue dans le schéma du « non-essentialiste ». Celle qui pense que tout est important, qui essaie de tout faire, qui manque de temps et qui finalement se sent fatiguée et épuisée. Dans le livre, on confronte souvent les deux modes de pensée et d’action : celui du non-essentialiste qui essaie justement de tout faire, sans faire de choix; et celui de l’essentialiste qui veut faire « les bonnes choses, [qui va] investir son temps et son énergie de la manière la plus avisée qui soit, en se concentrant sur l’essentiel pour apporter la meilleure contribution possible. »

Tout au long du livre, Greg McKeown présente, avec des exemples simples et concrets, comment adopter le mode de vie essentialiste. Que ce soit en osant choisir, en distinguant l’essentiel du superflu, en sacrifiant certaines choses pour atteindre nos objectifs ou en éliminant ce qui n’est pas essentiel, toutes les actions semblent drôlement logiques et de la pure évidence lorsqu’on les lit.

Mon humble avis sur « L’Essentialisme »

Malgré le fait que ce livre soit rempli de bons conseils, de formules inspirantes et donne quasiment envie de rêver, il y a quelques éléments qui m’ont quand même dérangée dans ce livre.

Je trouve que de confronter sans cesse les deux manières de penser et d’agir, comme l’auteur le fait chaque chapitre, semble au final un peu arrogant.

  • Le non-essentialiste croit que « le sommeil c’est pour les ratés », tandis que l’essentialiste sait que « le sommeil c’est pour les gagnants ».
  • Le non-essentialiste est « submergé par la masse d’informations », tandis que l’essentialiste « filtre les informations pour en saisir l’essentiel ».
Tableau tiré de l'Essentialisme : Comparaison entre l'essentialiste et le non-essentialiste
L’Essentialisme, page 16

C’est rempli de sens, je n’ai rien à redire là-dessus. Par contre, je trouve que le livre, et principalement ces tableaux comparatifs, mise beaucoup sur la moralisation envers les « non-essentialistes » que nous sommes pratiquement tous. Nous avons été, pour la plupart, élevés dans ce mode de vie « non-essentialiste » et changer du jour au lendemain me semble une lourde tâche.

J’ai lu ce livre de manière continue, sans vraiment prendre le temps de digérer chacun des chapitres et c’est peut-être ça qui a mené à mon impression. Ce livre serait probablement beaucoup plus intéressant à lire en « petites bouchées », afin d’avoir le temps de mettre en place des changements. En le lisant d’un bout à l’autre en quelque jours, cela n’apparaît que comme une montagne infranchissable.

« Le non-essentialiste se demande comment tout mener de front »

« Le non essentialiste se demande comment il peut faire les deux, alors que l’essentialiste se demande ce qu’il a envie de privilégier. »

Sur cet aspect, je suis clairement une non-essentialiste! C’est probablement l’aspect qui m’a le plus confrontée : cette difficulté à faire des choix, à sacrifier des choses pour aller dans une seule direction… ce que préconise l’auteur.

Image tirée de l'Essentialisme : Comparaison entre l'essentialiste et le non-essentialiste
L’Essentialisme, page 14

C’est la vérité du schéma ci-dessus qui m’a confrontée. En essayant de tout faire en même temps et en mettant mon énergie dans plein de domaines à la fois, le progrès observé dans chacune des sphères est minime, pour ne pas dire invisible. Au contraire, en concentrant toutes ses énergies au même endroit, c’est comme ça qu’on avance et qu’on peut plus facilement remarquer des progrès.

« La démarche essentialiste va à l’encontre de l’idée selon laquelle on pourrait tout faire à la fois. Au contraire, elle exige de réels sacrifices et des décisions difficiles. »

L’Essentialisme de Greg McKeown, page 15

C’est ULTRA confrontant pour moi.

J’ai toujours participé à quatre projets en même temps, eu des intérêts variés et tendance à me tanner rapidement. Dans ce contexte, comment arriver à faire UN choix ? C’est bien plus évident pour moi de faire un peu de tout pour cultiver cette curiosité et ce désir d’en apprendre toujours davantage sur différentes sphères de la vie.

Où est la formule magique?

Je suis un peu gênée de l’avouer, mais j’aurais aimé que ce livre propose une formule magique qui allait m’aider à faire des choix, à établir mes priorités et à choisir quoi sacrifier. Pouf! D’un seul coup!

Ce n’est pas ce qui est arrivé. Ça m’a uniquement fait sentir plus complexée qu’autre chose dans cette difficulté.  J’ai souvent eu envie de m’exclamer à l’auteur :

« Oui, mais c’est facile de choisir, de ne se concentrer que sur une chose quand on a un intérêt clair, quand on sait depuis qu’on a 5 ans qu’on a une passion pour les camions, qu’on veut devenir camionneur et que dans nos temps libres on adore regarder des compétions de camions… »

C’est un exemple hypothétique un peu exagéré. Mais pour vrai, qu’est-ce qu’on peut faire quand on se nourrit de la diversité des activités, de la variété des choses? Quand on aime tellement de choses qu’on n’arrive pas à choisir?

C’est probablement à cause de cette frustration et de ce sentiment d’être un peu incomprise que j’ai moins apprécié la lecture de ce livre. Après, quand je laisse la voix plus rationnelle de ma tête s’exprimer, je réalise bien que intérêts variés ou pas, la séquence demeure la même : pour avancer et voir du progrès dans quelque chose, il faut mettre toute son énergie à la même place, sinon on revient au schéma. Peu importe nos difficultés personnelles, le changement ne s’effectuera pas de manière magique, il faut y mettre les efforts nécessaires.  

Pour conclure

Pour reprendre un des principes du livre, présentement, je n’ai pas l’impression que mettre en place cette philosophie de vie soit ma priorité. Il y a d’autres choses sur lesquelles j’ai envie de mettre mon énergie en ce moment. Et puisque, visiblement, on ne peut tout faire en même temps, c’est le choix que je fais!

Je n’exclus pas la possibilité de le relire dans quelques mois. À un moment où je me sentirai prête à mettre les efforts pour réaliser ces petits changements dans ma vie.

Ainsi, si j’avais deux conseils afin que ce livre atteigne mieux son objectif chez les lecteurs de ce livre :

  • Lire ce livre petit à petit, un chapitre à la fois, plutôt que d’une traite
  • Prendre le temps d’intégrer et de mettre en action les conseils prodigués.

Je vous laisse également avec une phrase à méditer dans toutes les sphères de vos vies :

Si ce n’est pas clairement « oui », alors c’est « non ». 

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