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Instagram, c’est pas la vraie vie

par Shanna
Instagram sur cellulaire

Tout le monde le sait, Instagram, c’est un réseau social à double tranchant. D’une part, c’est plaisant pour partager du contenu avec ses amis, apprendre de nouvelles choses, être sensibilisé, se divertir… D’autre part, ça peut devenir dangereux pour plusieurs aspects de la santé mentale, notamment la mauvaise perception de soi ou de son image corporelle, l’anxiété et la dépression, entre autres.

Je le savais. Et pourtant je suis tombée dans le piège aussi.

C’était sournois. Suivre de plus en plus de gens qui réussissent, qui vivent la vie à laquelle j’aspire. Regarder des œuvres créées par des artistes en espérant un jour devenir aussi bonne que ça. Tenter de copier à mon tour ce qui fonctionne pour devenir plus populaire sur Instagram : me mettre à faire des stories, des publications, des reels, un peu plus chaque jour. Et puis…

Ne pas réussir, ne pas avoir le résultat escompté. Essayer de retarder l’ouverture de l’application le plus possible, afin de maximiser les chances d’avoir des likes, des commentaires, des messages privés à propos de mon contenu. Et alors, aucun like, aucun commentaire, aucun message privé. Ça y est. Je n’intéresse personne. Je ne vaux rien. C’est mort. Je n’ai pas de talent et ça ne marchera jamais.

Non, je n’ai pas cette vie de rêve à laquelle j’aspire. Non, mes œuvres ne sont pas aussi belles que celles que je regarde. Et surtout, non, mon contenu n’est pas apprécié. Du moins, c’est l’impression que j’en ai.

J’ai honte de l’avouer, mais tout ce tourbillon mental était causé par Instagram. Pour vrai. Je me suis laissé prendre au jeu de la comparaison et ça a atteint mon estime de soi.

La vraie vie n’est pas sur Instagram

Sur Instagram, tout le monde se montre sous son meilleur jour. On y parle de nos réussites, de nos bonnes nouvelles et de nos fiertés. Pas mal moins souvent de nos échecs, de nos mauvaises nouvelles et de nos déceptions. Et c’est correct ainsi j’imagine. On a envie de voir du beau, pas ton bordel, ni ton visage en larmes parce que ça ne va pas.

Et de plus en plus, il y a des gens qui le font. Qui montrent le moins beau, le laid. Mais il demeure que la plateforme n’est pas faite pour ça à la base.

Ce qui ressort, c’est surtout la personne qui a publié sa meilleure selfie, alors qu’elle en avait pris une centaine. Celle qui publie son plus beau croquis des deux derniers mois, parce que ceux qui ne sont vraiment vraiment pas beaux, on ne les montrera pas. Celle qui montre sa magnifique cuisine, alors que la photo a été prise il y a deux jours lors du grand ménage et qu’elle est présentement en gros désordre.

Je ne dis pas que tout est faux. Mais tout est un peu magnifié. Et ça donne une fausse perception de la réalité.

Même quand on sait qu’il faut en prendre et en laisser, ça peut mener quand même à se créer des attentes irréelles. À penser que la vie des autres est plus belle que la nôtre.

Instagram pour devenir connu

Maintenant, devenir connu sur Instagram. Avec toutes les personnes qui deviennent des stars d’Instagram, qui reçoivent des produits commandités, qui vivent leur best life, c’est difficile de ne pas se laisser tenter. Ça a l’air d’une si belle vie.

Ceux qui ont commencé comme blogueurs et qui écrivent un livre. Les personnes qui ont fait Occupation Double, qui ont des milliers d’abonnés et qui deviennent comédiens. Ceux qui ont publient des illustrations sur Instagram et peuvent maintenant vivre de leur art. Toutes ces personnes normales comme vous et moi, mais qui parviennent à atteindre leurs rêves. Oui, ils ont bûché et travaillé fort, mais quand même, ça fait rêver. Pourquoi pas moi?

Mais combien de personnes échouent pour une personne qui réussit? Chiffre inconnu. Personne ne se vante de ses échecs. Donc on demeure sous l’impression que tous ceux qui essaient réussissent. La chute est d’autant plus grande lorsqu’on n’y arrive pas.

Au-delà d’Instagram

Au moment où j’écris, il y a quelques jours, il y a eu une panne d’Instagram et de Facebook pendant près de sept heures. Ça m’a fait réfléchir. Et si Instagram n’existait plus? Toutes ces personnes qui ont des milliers et centaines de milliers d’abonnés et qui n’ont investi nulle part ailleurs, que vont-ils faire? Leur visibilité, réduite à néant. Le travail acharné depuis des années pour bâtir du contenu ? Perdu.

Peut-être au moins ont-ils trouvé le moyen de s’amuser, d’explorer leur art et d’avoir une tribune pendant un instant? Sinon, était-ce réellement du temps bien investi?

Sachant que la durée de vie d’une publication sur Instagram est de 48 heures, est-ce que ça vaut vraiment la peine de se tuer pour créer du contenu chaque jour, lorsqu’on sait que ça ne sera pas « rentable » longtemps? La mode est à l’instantanéité, le rythme de création est incessant. Est-on capable de tenir le rythme tout en gardant le plaisir de le faire? Si ce n’est pas le cas, et que les raisons sous-jacentes sont motivées par les obligations, par le fameux algorithme, je ne suis pas certaine que ce soit bon pour l’équilibre mental.

Est-ce qu’on peut migrer ailleurs? Avoir des échanges réels, hors de cette plateforme où tout est esthétisé ? Être davantage dans le sain? 

Et alors, on fait quoi ?

Usons d’imagination. Créons, allons ailleurs.

Instagram, ce n’est pas la vraie vie. Il faut juste se le rappeler et l’intégrer en soi.

Je n’ai pas de solutions à proprement parler, sinon que de faire comme j’ai fait : s’en rendre compte si notre utilisation de l’application est malsaine et mettre des choses en place pour prendre soin de soi en diminuant notre présence sur ce réseau social.

Photo par Georgia de Lotz sur Unsplash

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