Accueil Bien-êtreArt Les pages du matin, qu’est-ce que ça mange en hiver?

Les pages du matin, qu’est-ce que ça mange en hiver?

par Shanna
Écriture des pages du matin

Dès le réveil, prendre un cahier et écrire trois pages à la main, sans trop penser, dans le but de développer sa créativité. C’est ça, en gros, les pages du matin.

C’est Julia Cameron qui a propulsé cette méthode. Il s’agit d’une auteure de plusieurs livres, notamment Libérez votre créativité, probablement l’un de ses plus connus. Elle y nomme les Morning Pages comme prescription pour la personne qui désire redécouvrir ou cultiver sa créativité.

Je dois mentionner que plusieurs explications sont tirées du livre The Miracle of Morning Pages.

Comment faire les pages du matin?

C’est l’idée d’écrire trois pages dès qu’on ouvre les yeux, ou du moins, le plus tôt possible. Pourquoi si tôt? Pour éviter que notre égo se mette de la partie et influence ce que nous avons à écrire.

Quand la première chose que l’on fait en se levant c’est d’écrire, on peut ainsi rencontrer plus facilement notre vrai nous-même. Notre cerveau est frais, reposé après la nuit. Il n’est pas « contaminé » par tous les événements extérieurs qui auraient pu survenir.

Alors, on n’a qu’à écrire trois pages manuscrites sur un papier de format 8 ½ x 11 (ou 750 mots environ), et c’est tout!

Autre détail, Julia Cameron précise de ne pas relire ces pages avant au moins deux mois (8 semaines). Certains les brûlent, d’autres les relisent, mais selon Julia, il est important de ne pas les relire avant ce délai.

Et qu’est-ce qu’on y écrit ?

Tout ce qui vous passe par la tête! C’est un exercice de libération de l’esprit, c’est comme si on faisait un brain dump sur papier. On se vide la tête pour passer à autre chose ensuite.

Cela peut être le rêve que vous avez fait cette nuit, vos rêves de vie, votre to-do list de la journée, vos frustrations du moment, vos questionnements, vos émotions positives ou négatives, bref, tout ce qui vous trotte en tête.

Personnellement, j’aime beaucoup laisser mon crayon aller sur la page, sans trop y penser. Le crayon devient un peu le prolongement de mon esprit. C’est ainsi que je me retrouve à écrire des phrases un peu impertinentes.

Par exemple : « Je me sens fatiguée ce matin. Je ne sais pas quoi écrire. Il y a des constructions à l’extérieur de chez moi, etc. ».

Par contre, la plupart du temps, ce n’est pas long et mon esprit vagabonde vers un nouveau sujet .

Si c’est plus difficile de se laisser aller ainsi, Julia Cameron propose de se poser des questions. Par exemple, si on vit une problématique dans notre vie personnelle, on peut se poser les quatre questions suivantes par écrit et laisser les réponses venir à soi :

  1. Qu’est-ce que j’ai besoin de savoir ?
  2. Qu’est-ce que j’ai besoin d’essayer ?
  3. Qu’est-ce que j’ai besoin d’accepter ?
  4. Qu’est-ce que j’ai besoin de faire ?

À noter qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire ces pages du matin. C’est un outil. Le but c’est de vous aider, alors vous pouvez très bien en prendre et en laisser. Le plus important : laissez le perfectionnisme à l’extérieur de ça!

Pourquoi faire les pages du matin ?

Julia Cameron, au fil des années, a répertorié toute une panoplie d’avantages à faire ces pages du matin, renforcées par des témoignages de ses étudiants ou des lecteurs de ses livres.

En voici quelques-uns :

Apprendre à se connaître

Dans ce cahier ou sur ces pages, vous n’avez pas d’autres choix que d’être vous-mêmes. Au fil du temps, cela vous aidera à découvrir vos peurs, vos désirs, vos frustrations, à mettre le doigt sur ce que vous voulez et ce que vous n’acceptez plus dans votre vie. Supposons que chaque jour, vous vous plaignez du comportement toxique d’un.e ami.e, peut-être que le temps est venu de mettre fin à cette relation.

Apprendre à vivre avec ses peurs

Malheureusement, il est peu probable que vos peurs, et plus précisément le « Censeur » comme nommé par Julie Cameron, disparaisse complètement avec le temps. Le Censeur, c’est cette voix dans votre tête qui critique tout ce que vous faites. Qui vous rabaisse, qui vous dit que ce que vous faites est laid, mal écrit, mal composé, name it.

En revanche, les pages du matin sont censées vous aider à vivre avec ces peurs, à les apprivoiser. Un accomplissement après l’autre, vous pourrez vous rendre compte que ce Censeur a tout faux et que vous devez vous faire un peu plus confiance.

Passer à l’action

Comme le mentionne Julia Cameron, c’est assez difficile de se plaindre jour après jour d’une situation, sans jamais vouloir en venir à la changer. Après deux semaines, deux mois à rabâcher la même chose, il se pourrait fort bien que vous décidiez de faire quelques pas vers ce que vous désirez pour changer la situation.

Pareillement, en écrivant chaque jour sur votre rêve de sortir un album de musique, peut-être bien qu’un jour vous vous direz : Et si je commençais à écrire un couplet ? Un refrain, une chanson, puis une deuxième! Ça commence tout petit, mais ça commence. Et en le faisant par petits pas, c’est bien moins effrayant.

Avoir un espace d’expression sécuritaire

Ces pages, c’est votre espace à VOUS. Personne d’autre que vous n’allez lire ça. C’est donc l’endroit tout indiqué pour s’exprimer librement, faire des essais, des erreurs. C’est votre terrain de jeu à vous, qui vous permet de vous développer, artistiquement et personnellement, à l’abri des critiques des autres.

Reconnecter avec sa créativité

Et je mentionne « reconnecter », parce qu’au fond, tout le monde est créatif. Chez certains, ça peut être en dormance, les liens sont peut-être coupés ou bien emmêlés, mais une chose est sûre, tout le monde est capable de renouer avec sa créativité.

Tous les avantages précédents nous mènent à cet avantage. En apprenant à se connaître, à vivre avec ses peurs, à passer à l’action et à s’exprimer librement, c’est la recette parfaite pour libérer notre créativité. Devenir réellement soi-même, nous permet d’être plus original, plus audacieux. En étant dans un espace sécuritaire, on apprend à prendre des risques, que l’on peut prendre dans notre pratique créative par la suite. De même que vivre avec ses peurs qui s’applique dans la vie tout comme dans notre parcours créatif.

Ce ne sont pas les pages du matin qui sont de l’art, au contraire. Les pages du matin sont un espace où tout est brouillon, les phrases ne sont pas retouchées, on s’exprime sans gêne, sans besoin de perfection. Toutefois, ce sont les pages du matin qui nous aident à préparer le chemin pour l’art.

Qu’est-ce que ça vous dit? Pensez-vous l’essayer?

Pour voir le compte rendu de mon expérience avec les pages du matin, c’est par ici :

Photo de couverture par Aaron Burden sur Unsplash

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2 commentaires

Johanne 1 octobre 2021 - 21 h 00 min

Plusieurs auteurs écrivent tôt le matin. Ce doit donc vraiment être un moment propice: la tête reposé et la tranquillité du moment sont certainement favorable à l’inspiration!

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Shanna 3 octobre 2021 - 14 h 09 min

Oui effectivement, bon point! Par contre ce que Julia mentionne sur la technique, c’est de ne pas chercher à être créatif particulièrement, ou à faire du « beau ». Mais c’est vrai que de belles perles et des idées magiques peuvent tout de même sortir de là! 🙂

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