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Parfois, je suis fatiguée d’être moi

par Shanna
Femme avec livres qui flottent autour

Parfois, je trouve ça épuisant être moi. J’aimerais ça à l’occasion vivre dans l’esprit d’un autre. C’est tellement tout le temps beaucoup trop compliqué ce qui se passe dans ma tête.  Rien ne peut être simple. 

Ça va vite dans ma tête et mes pensées vont loin, ben ben loin. Un mot, une phrase prononcée et me voilà partie dans le fin fond de ma tête à imaginer tous les scénarios possibles. 

Une date, une seule date prévue pour un moment important d’une de mes proches, dans un an et demi m’a causé de l’anxiété. Et si je n’étais pas disponible cette journée-là ? Habituellement j’ai un empêchement à cette période de l’année. Qu’est ce que je vais faire? Je ne peux pas manquer ni un ni l’autre. Je pourrais faire les deux. Mais c’est sûr que ce ne serait pas optimal. Et si, et si, et si…

JE SAIS que ça ne sert à rien de s’en faire avec un événement si lointain, que ça ne sert à rien de tenter de prévoir toutes les éventualités possibles, mais mon anxiété est plus rapide que mon côté rationnel. Elle prend toujours les devants dans cette course, et malgré tout ce que la rationalité peut dire, sa voix se fait enterrer par celle de l’anxiété, beaucoup plus en avance.

Ça a l’air si facile dans la tête des autres. Alors que tout devient toujours compliqué pour moi.

Ça fait des années que je travaille là-dessus. Que j’essaie de maîtriser et de modifier mes pensées « toxiques ». J’essaie de me rationaliser sans cesse, mais rien n’y fait. L’anxiété revient toujours au galop. Même quand la rationalité réussit à prendre le dessus quelques temps, l’anxiété trouve toujours LE moyen, LE raccourci pour reprendre le dessus.

Les choses les plus banales de la vie me causent de l’anxiété : Savoir ce qu’on va manger pour le souper. Voir qu’il y a une tempête de neige et me demander où est-ce que je vais pouvoir stationner mon auto. Avoir des épinards dans le réfrigérateur et ne plus savoir quoi en faire, mais être effrayée à l’idée de les gaspiller. À un certain point, c’est ridicule, j’en ai conscience. Mais ma tête roule et ne peut s’empêcher de penser à toutes ces petites choses. C’est épuisant.

Même mes passe-temps, ces activités sensées être bonnes pour le moral et apaisantes, peuvent en arriver à me stresser.

Quand j’ai commencé à dessiner, c’était un peu une de mes craintes : que l’anxiété et le perfectionnisme fassent leur tour et que ça devienne un passe-temps qui ne me fasse plus tant de bien que ça, par recherche de performance. C’est un peu ça qui est arrivé. Peu après l’écriture de mon article, j’ai commencé à ne plus avoir envie de dessiner. J’étais comme bloquée. Je ne savais pas quoi dessiner. Je ne me sentais pas à la hauteur, poche même.

Pour tenter de m’aider à débloquer et de me challenger un peu, j’ai décidé de me lancer un défi de 100 jours. 100 jours de dessins. Je vous en reparlerai plus tard. Mais avec cette idée de défi, vient celle de la contrainte : chaque jour, je dois dessiner, peu importe quoi. Et c’est cet aspect qui est venu me challenger justement, au 3e et au 4e jour du défi, mais pas dans le sens désiré. Ces deux jours-là, j’ai eu peur de ne pas atteindre mon défi, de manquer de temps pour dessiner, parce que j’avais beaucoup d’autres choses à faire. Je regardais ma To-Do et je me demandais comment j’allais y arriver. J’ai été stressée une bonne partie de la journée pour ça.

JE SAIS que dessiner (ou ne pas pouvoir dessiner) ne devrait pas être stressant. JE SAIS que ce n’est pas grave si je n’arrive pas à faire une journée de mon défi, je me reprendrai le lendemain (ou pas). JE SAIS que c’est un engagement que j’ai pris uniquement avec moi-même, personne d’autre n’est impliqué, pour cette raison justement, pour que ça ne devienne pas un stresseur. Encore une fois, je sais tout ça, mais c’est plus fort que moi.

Bref, parfois, je trouve ça épuisant être dans ma tête.

Photo de couverture par Lacie Slezak sur Unsplash

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6 commentaires

Isabelle Frappier 8 février 2021 - 22 h 17 min

Je sais tellement ce que c’est!!! Appréhender et me stresser en avance sur plein de choses, c’est ma spécialité… Et trop penser aussi.

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Shanna 9 février 2021 - 20 h 26 min

On se comprend là-dedans alors! <3

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Dagenais Johanne 9 février 2021 - 9 h 49 min

Ouf! Ce n’est pas de tout repos quand notre cerveau s’agite et cherche constamment à répondre à d’éventuels et improbables (ou probables) problèmes! Je ne peux m’empêcher de te suggérer les respirations profondes ou respirations diaphragmatiques: elles apportent un soulagement momentané quand les pensées se bousculent . Mais peut-être que tu connais?

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Shanna 9 février 2021 - 20 h 29 min

Non, effectivement, ce n’est pas évident et pas reposant! Merci pour le truc!

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