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Pourquoi ai-je toujours l’impression de manquer de temps?

par Shanna
Horloge bleue sur arrière plan pastel

Nous avons tous 168 heures par semaine. Si on enlève 8 h de sommeil par nuit et 35 heures de travail, il reste quand bien même 77 heures. C’est relativement beaucoup ! Mais alors, pourquoi est-ce que j’ai toujours l’impression de manquer de temps ?

C’est comme viscéral, ça crie en dedans de moi. Je manque de temps pour tout faire ! Et pourtant, en ce moment, avec la pandémie et le confinement, je devrais avoir plus de temps… Ça fait un an que j’ai beaucoup moins d’activités sociales, que mes cours de danse ont cessé, que je n’ai pas à me déplacer pour aller au travail, etc. Toutes ces minutes, et même ces heures « sauvées » devraient résulter en plus de temps pour faire tout le reste, non ?

Et pourtant, non ! Je me sens toujours autant surchargée et toujours autant en train de courir après le temps.

J’ai même une certaine angoisse : et quand la vie normale va recommencer, comment vais-je faire pour y arriver ?

J’ai donc voulu lire à ce sujet, afin de mieux comprendre d’où venait ce sentiment de manquer de temps et pour voir comment me sentir mieux.

Pourquoi a-t-on le sentiment de manquer de temps ?

D’abord, c’est important de se rappeler que le temps (et surtout le manque de temps), c’est d’abord et avant tout une perception.

Une minute semble interminable lorsqu’on compte les secondes ou qu’on attend quelque chose avec impatience, mais passe pourtant si vite en bonne compagnie ou lorsqu’on est absorbé dans une activité. Tout le monde vit avec les mêmes 24 heures dans sa journée, ce qui change d’une personne à l’autre, c’est la perception de ce temps et de ces heures, c’est comment on décide d’utiliser son temps.

Société de l’hyperchoix

L’impression de manquer de temps pourrait être liée notamment au fait que le choix est presque infini présentement. Devant la multitude de chemins qu’on pourrait prendre, on a de la difficulté à faire un choix, on aimerait tout faire, tout en étant conscient que cela nous est impossible :

« L’âge numérique ouvre donc sous nos yeux l’éventail infini des chemins qu’on pourrait prendre, mais il nous confronte en même temps à l’impossibilité d’emprunter toutes ces voies: ce double mouvement génère l’impression de ne plus avoir le temps pour rien… »

Nic Ulmi, Le Temps

Devant la panoplie de contenus et d’activités qui s’offrent à nous, tous les podcasts, articles de blogues, séries télévisées, films, activités culturelles, sportives, sociales, il n’est pas surprenant de se sentir parfois submergé et d’avoir l’impression de ne jamais avoir assez de temps pour tout voir et tout faire.

C’est également ce qu’on appelle le FOMO (Fear Of Missing Out) : La peur de passer à côté de quelque chose. Les médias sociaux accentuent ce phénomène : en voyant tout ce que les autres font, on ressent une certaine anxiété face à nos choix.

La place des technologies

Parlant des médias sociaux, leur impact en termes de grugeur de temps est assez extrême. On pourrait y inclure aussi l’internet en général, la télévision et les jeux vidéo.

Selon une étude réalisée en 2020, les utilisateurs passeraient en moyenne 2 h 22 par jour sur les médias sociaux et 3 h 22 à regarder la télévision.

Capture d'écran d'une étude, mentionnant le nombre de temps quotidien passé par média.

Pour ma part, je m’en doutais, mais quand j’ai consulté mon utilisation réelle de mon téléphone et que je me suis rendu compte qu’en une seule journée, j’avais passé 6 heures sur mon mobile, dont 2 sur mon téléphone, j’ai fait le saut assez vite. Ça en fait des heures qui, à mon humble avis, ne sont pas très bien investies. Je pourrais en lire plein des livres ou en réaliser un tas des projets si je réduisais mon utilisation des médias sociaux !

Les conflits entre nos objectifs

Dans un autre ordre d’idée, l’étude « Pressed For Time ? Goal Conflict Shapes How Time is Perceived, Spent, and Valued »  des auteurs Etkin, Evangelidis et Aaker mentionne même que l’impression de conflit perçu entre deux objectifs pourrait mener à une perception de manque de temps, que ce soit des conflits réellement contradictoires ou non. Les exemples donnés sont notamment :

  • Avoir du succès au travail tout en étant un bon parent à la maison ;
  • Économiser de l’argent pour la retraite tout en achetant de belles choses ;
  • Être en bonne santé et s’offrir des friandises savoureuses.

Chacun de ces dilemmes augmenterait le niveau de stress et d’anxiété ressentie et donnerait par le fait même l’impression que l’éventail de notre temps disponible se rétrécit.

Les solutions selon les auteurs ? Respirer profondément et lentement et reconsidérer l’anxiété causée par ce conflit.  

Comment reprendre le contrôle sur le temps ?

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait pour se sentir mieux ? Je ne pense pas pouvoir prétendre donner des conseils, étant donné que je vis moi-même avec ce sentiment. Par contre, au fil de mes lectures sur le sujet, j’ai pu comprendre plusieurs choses par rapport à mon ressenti, et réfléchir à ce qui pourrait me faire du bien dans les circonstances. Tant mieux si ça peut s’appliquer à vous !

Vivre le moment présent

Ça peut passer par de la méditation, quelques respirations ou tout simplement de s’arrêter pour réaliser ce que l’on est en train de faire. On en fait plein des choses dans une journée, mais dans la frénésie et la pression du temps, j’ai l’impression que parfois on ne le réalise pas.

Petit exemple personnel

On était dimanche après-midi. Le matin même, je m’étais fait une très longue To-Do, de quoi rendre mon dimanche efficace et productif.

Toutefois, en cet après-midi, j’angoissais, car j’avais trop de choses à faire, que j’avais l’impression de manquer de temps et de n’avoir de temps pour rien faire. En réalité, dans ma journée, j’avais déjà fait :

  • L’épicerie ;
  • La vaisselle ;
  • Un entraînement de 30 minutes ;
  • Une marche à l’extérieur de 1 heure ;
  • De la peinture à numéros ;
  • Et le lavage.

Pourtant, j’avais encore l’impression de ne pas avoir pris de temps pour moi et que je n’aurais pas le temps de le faire d’ici la fin de la journée. Mon hypothèse après coup, c’est que j’étais probablement trop préoccupée à cocher les éléments dans ma To-Do, et à penser à la prochaine chose que j’aurais à faire, plutôt que de profiter du moment présent. Du coup, même si je cochais plein de choses sur ma liste, je n’avais le sentiment de n’avoir profité de rien.

Tant qu’à consacrer du temps à une activité, aussi bien profiter du moment et apprécier les petites choses.

Reconsidérer nos obligations

Je ne dis pas de ne plus respecter les obligations à votre emploi, de ne plus laver vos vêtements et de laisser votre maison partir à la dérive, car évidemment, il y a certaines choses que nous nous devons de faire, qui sont en quelque sorte non-négociables. Par contre, pour certaines choses, on peut laisser aller. Faites taire votre perfectionnisme et posez-vous la question à savoir si c’est vraiment utile et/ou nécessaire de faire cette tâche.

Dans l’exemple précédent, j’aurais pu me poser la question à savoir si c’était vraiment nécessaire que j’aille à l’épicerie ce jour-là. Et la réponse aurait probablement été que non. Par habitude, par rigidité, je me dis que toutes les fins de semaine, je dois aller faire l’épicerie, mais c’est loin d’être une obligation, tant qu’il reste encore des choses à manger, ce qui était bel et bien le cas.

Même chose au travail. Une enseignante est-elle obligée de découper préalablement toutes les feuilles pour l’exercice, parce que c’est ce qu’elle a toujours fait et que ce sera plus parfait ainsi, ou pourrait-elle transformer cette tâche en exercice à faire par ses élèves ? Cela en résulterait par une économie de temps immense pour elle et par un nouvel apprentissage pour ses élèves. Tout est possible et il n’y a pas de limites à la créativité. La seule limite, c’est celle que nous nous imposons nous-mêmes.

Changer notre perception

Concernant les obligations justement, il me semble important de considérer le fait que même si elles semblent nous être imposées, elles découlent en fait de nos objectifs. Comme le mentionne Jacques Lafleur dans le texte Pressé par le temps :

« C’est en effet toujours parce que nous voulons certains résultats que nous nous contraignons à certaines tâches. La réalisation de nos désirs et la prévention d’effets indésirables sont ainsi les moteurs qui nous poussent à agir comme si on y était obligés. »

Il suffirait donc de changer notre perception et notre façon de voir nos obligations, en y ajoutant la raison pour laquelle on souhaite faire telle ou telle chose, ou en modifiant la formule « Je dois » ou « Il faudrait que » par « Je veux ».

Changeons ces formules :

  • « Je dois m’entraîner ce soir » à « Je veux m’entraîner ce soir, car je souhaite être en forme et en santé. »
  • « Il faut sortir les poubelles cette semaine » à « Je sors les poubelles cette semaine, car je veux vivre dans un environnement propre. »
  • « Il faudrait que je prépare du granola maison » à Je veux préparer du granola maison afin que je puisse avoir des collations santé cette semaine au travail »

Toujours selon Jacques Lafleur : « Ce qui nous prive du sentiment de profiter de la vie, c’est moins le fait de ne jamais venir à bout de ce qu’on a à faire que la pression qui nous fait faire toute chose avec le désir de s’en débarrasser. »

En changeant notre perception des « obligations » dans notre vie, on pourrait ainsi reprendre un peu le contrôle sur notre temps.

Apprendre à s’écouter

Finalement, au regard de tout ce qui a été dit précédemment, je pense que d’apprendre à écouter davantage notre voix intérieure est la clé. Le sentiment de manquer de temps vient souvent du fait qu’on a l’impression de ne pas faire des choses qui importent pour nous, qui nous tiennent à cœur. Pour le faire, s’écouter et voir ce qui nous tente vraiment peut être une bonne première étape.

J’ai personnellement l’habitude de me faire une To Do List (écrite ou mentale) le matin, contenant tout ce que j’aimerais faire dans la journée. Mais souvent je le perçois comme une obligation, une liste infinie de choses à faire et je n’en profite plus, même si elle contient plein d’activités qui devraient me faire du bien !

Je m’en tiens à l’ordre qui a été prédéterminé selon ma routine : d’abord, je vais déjeuner, puis je vais écrire, m’entraîner, aller dans la douche, faire l’épicerie, passer l’aspirateur, et après, je vais dessiner, préparer le souper, etc. Voici le plan de ma journée et pas question d’y déroger.

Mais ça m’est arrivé souvent de vouloir faire de la peinture à numéros par exemple, alors que je m’étais dit que je travaillerais sur mon blogue. De sentir au fond de moi que ce qui me ferait du bien, ce serait d’aller peinturer, mais de couper court à ce feeling et de me dire : « Non, là c’est le moment de travailler sur ton blogue ».

Le résultat, c’est juste que je travaille en étant plus ou moins productive, alors que j’aurais aimé faire autre chose. Et vice-versa dans d’autres situations. F*CK IT! Si je veux peinturer, que je le sens au fond de moi, pourquoi est-ce qu’il faudrait que j’attende l’heure inscrite à mon horaire pour le faire ?

Encore une fois, il y a des cas où on n’a pas le choix, mais dans le cas de loisirs, pour vrai, il n’y a pas d’autres limites que celles qu’on se met soi-même.

Une structure, ça peut être bien, mais ce qu’il y a de mieux à mon avis, c’est de tenter de s’écouter.

Bon… Arriver à entendre ce que notre intérieur nous dit, ça, c’est un autre défi, mais on s’en reparlera !

Photo de couverture par Icons8 Team sur Unsplash

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