Accueil Bien-êtreAnxiété Votre pire défaut? Je suis perfectionniste

Votre pire défaut? Je suis perfectionniste

par Shanna
Crayons de couleur alignés, sauf un

Mais pour moi, c’est vrai ! C’est probablement l’un des plus gros clichés des entrevues d’embauche : répondre « perfectionniste » à la question sur son plus grand défaut ! Mais qu’en est-il lorsque l’on vit réellement le perfectionnisme comme un défaut ?

Personnellement, j’ai souvent répondu ceci en entrevue pour des emplois. Peut-être que ce cliché m’a nuit. Ou non. Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que loin de moi l’idée de l’utiliser comme un défaut « pas trop pire, qui fait bien paraître ». Non. Pour moi, c’est réellement un défaut. Qui a un grand impact sur ma vie. Malheureusement !

Être perfectionniste, c’est quoi ?

Selon l’Université Laval, c’est de…

  • S’imposer des standards d’excellence très élevés et difficiles à atteindre ;
  • Avoir de la difficulté à doser ses efforts, à évaluer ce qui est prioritaire et ce qui ne l’est pas ;
  • Avoir de la difficulté à travailler en équipe et à déléguer ;
  • Douter constamment de soi-même ;
  • Se juger très sévèrement et mal accepter la critique ;
  • Voir la moindre erreur comme une grosse défaite.

Il est important de noter que le perfectionnisme peut être bien vécu, lorsqu’il est contrôlé. Un certain perfectionnisme qui aide à atteindre des standards de qualité élevés, à réussir à offrir un travail qui répond aux plus hautes attentes, mais sans toutefois se taper sur la tête lorsque l’on fait une erreur ou qu’on ne réussit pas.

Il y a des notions de perfectionnisme sain et malsain, mais je ne souhaite pas entrer en détail là-dedans. Je ne suis pas psychologue et ne prétends pas l’être, je souhaite simplement raconter ma propre expérience avec le perfectionnisme. Pour ma part, je me suis beaucoup reconnue dans les points ci-dessus et j’ai envie de détailler un peu comment le perfectionnisme s’est manifesté dans les différentes sphères de ma vie.

Le perfectionnisme selon les sphères de ma vie

À l’école

Honnêtement, à l’école, j’ai un peu de la difficulté à séparer anxiété de performance et perfectionnisme. Comme je le mentionnais dans mon article sur l’anxiété de performance, malgré tout ce que je pouvais faire comme études, comme recherches, comme travaux, ce n’était jamais assez. Dans ma tête, je pouvais toujours en faire plus pour atteindre encore plus parfaitement les standards de qualité.

Et que dire des travaux d’équipe… C’était extrêmement difficile à vivre pour la perfectionniste que j’étais. Accepter que tout le monde n’ait pas les mêmes standards de qualité, et que tout le monde ne vise pas à obtenir un A+ non plus ! Pour m’assurer de remettre un travail satisfaisant, je réclamais toujours le rôle de la révision/mise en page afin d’avoir le dernier coup d’œil sur le travail.

Il m’est également arrivé à quelques reprises de consulter une dernière fois les critères d’évaluation d’un travail et de me rendre compte qu’il manque une partie… la veille de la remise ! Alors là, c’était la crise de panique ! En le sachant, je ne pouvais plus faire comme si de rien était et laisser le travail comme tel… Je vous laisse imaginer la suite.

Heureusement pour ce qui est des travaux d’équipe, j’ai appris à lâcher prise au fil du temps. Et maintenant, avec mes études à temps partiel, je sens que j’ai appris à accepter un peu plus de laisser-aller sur le perfectionnisme !

Au travail

Dans ma vie professionnelle, j’ai l’impression que le perfectionnisme se manifeste souvent par une certaine forme de procrastination, ou de remise à plus tard des projets pour lesquels je doute de moi-même. J’ai tellement peur de me tromper ou de choisir la mauvaise piste pour commencer qu’au final, je bloque. J’attends une illumination, une assurance de quoi que ce soit, une approbation afin de m’assurer que je vais dans la bonne direction.

Ça se traduit aussi par le fait de passer beaucoup de temps sur les détails, pour s’assurer d’obtenir le meilleur résultat possible. Quand j’étais dans le milieu de l’enseignement, je préparais mes cours avec minutie, dans les moindres détails, et ça prenait le double, ou le triple du temps !

Finalement, quand je fais un travail plus artistique, par exemple la création de visuels, il m’arrive tellement souvent de créer 3 ou 4 versions du même projet, afin de trouver la meilleure accroche ou le meilleur visuel possible.

J’essaie encore une fois de lâcher prise, mais ce n’est pas évident. On m’a déjà posé la question, et ça vaut pour l’école ou le travail, à savoir si la différence entre une réussite de la tâche à 90 % ou à 100 % valait le nombre d’heures supplémentaires investies dans l’atteinte de cette perfection. Je n’ai pas la réponse, probablement que ça dépend de la situation, mais c’est une piste de réflexion.

Dans mes projets personnels

Débuter ce blogue, c’était en soi un gros pied de nez à mon perfectionnisme. J’aurais aimé trouver le nom parfait, le thème de site internet parfait, tout faire à la perfection, attendre que tout soit au niveau de mes attentes avant de le lancer… Mais quand on tend à être trop perfectionniste, on n’avance pas.

Je l’ai mentionné dans mon tout premier article racontant mon parcours dans le monde du blogue, ça fait longtemps que j’y pense. Ça fait longtemps que j’ai le goût de lancer un blogue, que je mets des actions en place, et qu’au moment de tout dévoiler… Tout s’arrête. Pression élevée envers moi-même, gros doute, manque de confiance en moi aussi…

Ça m’a donc demandé beaucoup de lancer mon blogue « au grand public ». Et ce l’est encore d’ailleurs. J’ai dû le faire un peu sur un coup de tête, sans trop y penser, pour éviter de stresser et de penser à tout ce qui aurait pu être amélioré.

Et même dans mes passe-temps

Je me suis aussi rendu compte qu’au-delà de l’école, du travail ou de ma vie professionnelle en général, mon côté perfectionniste avait également tendance à s’immiscer jusque dans mes passe-temps.

Des fois, je me dis : « Câline, ça ne pourrait pas être simple, des fois, m’amuser, avoir des passe-temps ? »

Il fut un temps où le planning et le bullet journal étaient très à la mode. C’est quelque chose que je trouvais super intéressant, super beau aussi venant des autres, mais que je n’aurais JAMAIS été capable de faire. Je n’ai pas l’impression d’avoir assez de talent pour dessiner, écrire de belles lettres, colorier, ou peu importe, sans me tromper ! Au lieu de me lancer là-dedans, de risquer de faire des erreurs et de ne pas être satisfaite, je préférais ne pas le faire du tout.

Comme autre exemple, il y a quelques années, j’avais commencé à peinturer. J’ai arrêté par manque de temps et je n’ai jamais été capable de recommencer ! J’ai encore l’impression que mon perfectionnisme a quelque chose à y voir, car je me fixe des hautes attentes : « Il faut que je m’assure d’avoir assez de temps pour peindre, afin de faire mes mélanges de couleurs et qu’ils puissent me durer assez longtemps. Si je peinture en plusieurs fois, il est possible que je ne retrouve pas la même teinte et alors le résultat serait raté. » Rationnellement, je me dis évidemment que c’est faux. Mon père m’a d’ailleurs dit récemment :

« L’art ne se trompe jamais ».

Dans le sens qu’on ne peut faire d’erreurs en art. Qu’au final, ça apporte simplement notre touche personnelle. À réfléchir…

Bref, j’ai l’impression que le perfectionnisme me bloque beaucoup entre ce que je désire faire et les blocages cognitifs que j’ai. C’est pourquoi on passe d’ailleurs à l’instant aux trucs pour cesser d’être perfectionniste !

Cesser d’être perfectionniste

Comme je l’ai déjà mentionné, je ne suis pas psychologue, alors je ne sais pas si on peut réellement cesser d’être perfectionniste, mais définitivement, ça peut se contrôler. Voici quelques stratégies ci-dessous, en toute humilité :

Prendre conscience

Prendre conscience de l’impact du perfectionnisme sur nos vies. Faire une liste pour noter les avantages et les inconvénients que cette recherche de perfection nous apporte. Est-ce qu’elle nous cause plus de tort que de bien ? Si oui, pourquoi dans ce cas, continue-t-on à agir ainsi ?

Lâcher prise

Est-ce que TOUT ce qu’on fait doit être parfait, ou il y a des parcelles sur lesquelles on peut lâcher prise un peu ? Il faut se rappeler aussi qu’imparfait ne veut pas dire complètement raté ou bâclé ! J’ai l’impression qu’en tant que perfectionniste, on a souvent une vision « tout ou rien » : « Je dois faire absolument tout en mon pouvoir pour réussir, sinon c’est raté ». Mais en réalité, il y a toute une échelle avec plusieurs échelons entre raté et parfait.

©Shanna Sarrazin-Laverdure

Quels seront les impacts si le texte rédigé est très bien, plutôt que parfait ? Probablement qu’il y en aura très peu, et que la grande majorité des gens n’y verront aucune différence.

S’exposer doucement

Finalement, il est possible de s’exposer doucement à l’imperfection, de faire des erreurs intentionnellement pour apprendre à vivre avec ça. Par exemple, selon le psychologue François Bilodeau : « On peut préparer une recette en omettant un ingrédient. On peut aussi faire le ménage en tournant les coins un peu ronds. Dans les deux cas, il faut arriver à vivre l’inconfort sans tenter de contrôler l’inconfort. »

Bref, vivre avec le perfectionnisme au quotidien c’est loin d’être évident, mais il y a toujours des pistes de solution. Le travail sur soi est probablement la meilleure manière d’en venir à bout, si jamais c’est quelque chose qui vous incommode.

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